vendredi 1 mars 2019

Fogo, le monde caché au-dessus des nuages

L’ile de Fogo possède un joyau. Il s’agit d’une immense caldeira à 1700m d’altitude hébergeant quelques villages sous la menace d’éruptions volcaniques certaines. Pour l’atteindre, il faut bien entendu s’élever depuis le niveau de la mer et dépasser une brume formée de nuages. De là haut, on ne voit plus la mer, et on est immergé dans un environnement chaotique aux teintes noires, grises, anthracites et rouges. Quelques pointes de vert nous montre que l’homme tente d’apprivoiser les éléments en cultivant vignes et arbres fruitiers divers, car, ici la terre est étonnamment fertile. Cette caldeira fait partie de ces lieux dont on avait entendu parler et qui nous faisait rêver. Ma cousine Laurence nous l’avait conté avec enthousiasme. On peut comprendre aisément pourquoi. Comme isolé du monde au sein de la caldeira, dominée par le Pico qui culmine à 2800m, on peut admirer le ciel étoilé la nuit sans aucune pollution lumineuse, faute d’électricité. Cependant, le spectacle qui nous a été offert est probablement bien différent de celui qu’a pu connaître Laurence. En effet, fin 2014, les habitants de la caldeira ont été victimes d’une éruption, sortie du petit Pico, qui a détruit totalement les 2 seuls villages. Quelques maisons ont été épargnées, parmi lesquelles a pension où nous logions. Une partie des habitants est revenu dans la caldeira et tente de reconstruire, sans aucune aide gouvernementale, étant donné que celui-ci préfèrerait les lieux inhabités. Du sommet du Pico, que nous avons atteint fièrement en 4h, nous pouvons observer les différentes coulées et constater le désastre. On voit clairement les coulées de 1951, 1995 et 2014. La redescente se fait presqu’en ligne droite, puisqu’on court dans les scories à la manière d’une dune de sable. Heureusement! Car sinon, cela aurait été vraiment éprouvant. Nous sommes restés dans ce monde isolé 3 bonnes journées. Nous avons exploré quelques uns de ses recoins, en particuliers les zones plantées au pied du mur formé par les bords de la caldeira, et aussi les allées d’eucalyptus qui mènent aux pentes forestières côté Nord. Ce fut vaiment un moment spécial dans ce monde minéral, en communion avec la terre et les étoiles, petits devant la force de la nature. Mais, on est quand même bien content de retrouver les vagues et la mer pour nous rappeler que nous sommes sur une île.

1 commentaire:

Sevmuse a dit…

Wahooo ! Impressionnant, atmosphère très particulière !

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