dimanche 16 février 2020

Couchsurfing en Moyenne Casamance

Un voyage très éprouvant à l’arrière d’un 7 places, nous emmène à Sedhiou, à quelques 120 km de Ziguinchor. Nous sommes plus haut sur le fleuve, dans une ville secondaire qui n’est à peine mentionnée dans les guides. Ce choix est simple pour nous: Lamine, un couchsurfer actif depuis 2 ans, nous a convié à venir chez lui. C’est une opportunité intéressante de découvrir la vraie vie.
Lamine est attentionné et bien décidé à nous faire découvrir les elements d’intérêt des environs. Il vit avec sa mère, deux enfants, une soeur et sa fille, ainsi qu’un jeune qu’il héberge. Ce qui est nouveau, c’est que nous sommes en ville. Il y a l’electricité, mais on puise l’eau au puits. La maison est très passante. Beaucoup d’enfants et d’adultes y passent, soit pour l’eau du puits, soit pour regarder la télé, mais surtout par curiosité de nous voir.
Les enfants sont moins timides qu’ailleurs car ils ont déjà accueillis des étrangers. L’echange est un peu plus facile, notamment avec Mariam, une jeune cousine, qui ne parle pas trop mal le français.
Nous sommes aussi en territoire mandingue, une autre ethnie de Casamance. Et la majorité est musulmane, mais ne semble pas très praticante.
Lamine nous a laissé sa chambre, qui est une surprise: moulure au plafond et magnifique lit en bois sculpté. Rien ne laissait présager cela à la vue de la maison en parpaings, loin d’être terminée. Les repas sont à nouveau partagés dans le plat commun: du riz, beaucoup d’epices Et quelques rares morceaux de poissons. Toute la famille vit au crochets de Lamine, qui lui même ne semble pas avoir un grand revenu. Il est artiste de théâtre, il travaille benevolement dans une radio communautaire, et parfois fait quelques chantiers de pavage.
Lamine est très content de partager sa ville avec des étrangers, et espère secrètement qu’un jour il aura une invitation a venir en France, seul moyen d’obtenir un visa.
Nous decouvrons tranquillement Sedhiou, sous une chaleur plus intense qu’en Basse Casamance. Visite par la radio Gabou FM, le centre culturel où nous decouvrons la bibliotheque, et en profitons pour inscrire les enfants de Lamine. Un tour au marché, près du fleuve, et sur les vestiges d’un batiment coloniale français. Un beau potentiel pour un hotel ou un musée. Un tour en pirogue vers l’ile aux diables. Là encore, Lamine et un de ses amis deplorent le manque d’action de la municipalité pour developper le tourisme. Alors bien sûr, depuis la réélection de MAcky Sal, qui semble assez peu populaire d’ailleurs, le ministre de la culture est originaire de Sedhiou. Un projet de pont entre les 2 rives, une nouvelle mosquée, un hopital, des routes sont en projet ou déjà bien avancés. Mais côté tourisme, il y aurait du boulot. Le week end dernier se deroulait neanmoins un festival international de musique, promouvant les cultures ethniques africaines. Il n’avait plus eu lieu depuis plus de 20 ans! Mais il reste encore beaucoup a faire.
A l’echelon de la famille de Lamine aussi. Pas sur que l’organisation de la vie de la maison permette aux enfants une reussite scolaire.... ce qui nous a le plus interloqué reste le mode de garde de la maison la nuit. Un coq dort sous la télé. Quand je suis allé aux toilettes la nuit avec la lampe de poche, il s´est empressé de reveiller tout le monde!
Nous avons tenté d’apprendre le Uno aux enfants, ainsi qu’aux voisins. Difficile de se concentrer. Mais nous avons espoir qu’ils aient enfin compris les règles et puissent continuer a jouer avec le jeu que nous leur avons laissé.












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