lundi 23 avril 2018

Rencontres


Il est vrai que les Iraniens ont envie de parler avec nous. Que ce soit dans les guesthouses, lors de nos visites, ou dans la rue, nous avons plusieurs fois l'occasion de discuter. Ce couple qui s'est rencontré à l'université, et a quitté Teheran pour rénover une ancienne demeure et monter un hôtel à Kashan, tout encore enthousiaste de partager de longues discussions avec ses hôtes étrangers. Ce kurde, immigré au Canada, de retour au pays et venu présenter son fils de 9 mois à la famille, avec sa femme, une amie de sa soeur, et ayant un bon recul sur la situation politique de son pays. Cette jeune guide, montant son affaire de tour en 4x4 dans le désert. Ce gérant de guesthouse, nous montrant son projet d'une auberge dans la montagne. Ce jeune couple de Teheran, en week-end chez sa tante à elle, qui nous propose un "petit beurre". Ce gardien d'un temple en l'honneur de l'on ne sait quel ayatollah qui nous invite à entrer, nous propose un thé et nous apprend à compter en farsi. Et puis sans compter les "d'où êtes vous", "bienvenue", "est ce que l'on peut prendre vos enfants en photo ? " "elles sont jolies",  et les bonbons, gâteaux, boissons reçues, les douceurs que l'on nous fait gouter, les eaux de roses où crèmes d'autruche dont on nous parfume. On nous invite aussi à assister à la fabrication du pain, un vrai spectacle : soit cuit sur des graviers brulants, soit aplatis en de très grandes galettes. 
Ces rencontres impromptues se cumulent aux expériences de couchsurfing que nous réalisons. Nous entrons là dans le quotidien et l'intimité des Iraniens. Bien qu'ayant le point commun d'avoir un VPN pour accéder au site et de ne pas chercher à faire un business avec celui-ci, ces familles sont toutes différentes. Ce qui nous frappe le plus, c'est un sens aiguisé de la propreté. Il y a le rituel des sandales pour rentrer dans la salle de bain! Et aussi un soucis d'une cuisine saine. On nous met souvent en garde sur la cuisine de rue, par exemple. Bien sûr, ils ont un très grand sens de l'accueil. On nous sert toujours un repas ou un petit déjeuner en fonction de l'heure. Assis sur une nappe posée sur le tapis de la pièce principale, on découvre les plats les plus courants: agneau ou poulet, soupes, riz cuit sur des pommes de terre ou du pain, accompagnement d'herbes dont menthe, basilic chinois, coriandre. Le thé est un rituel et la théière iranienne passe des heures sur le feu. Ils sont curieux de savoir notre vision de leur pays, si nous aimons l'Iran. Ils désirent en savoir plus sur l'extérieur car l'Iran est un pays refermé sur lui-même et la population le subit. Peu ont eu l'occasion de sortir du pays, la faute au taux de change très défavorables et à la peur des pays occidentaux de voir arriver des migrants. Enfin, ils s'inquiètent beaucoup pour la santé des enfants. Nous avons même fini par aller voir un médecin pour Nelly, même si en pareille occasion en France, on aurait laissé passer. Mais, malgré ces points communs on distingue des différences dans le mode de vie dans le cadre privé, ou comment les couples se sont formés par exemple. On n'a pas trouvé beaucoup de couples formés spontanément mais ça peut arriver. Il faut quand même se marier pour pouvoir vivre ensemble. 
On en apprend tous les jours et on remet en question nos a priori à chaque nouvelle rencontre.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Nous sommes heureux de découvrir grâce à vous ce pays et ses habitants. Continuez à nous raconter toutes ces rencontres, c'est passionnant. nous espérons qu'à présent vous êtes un peu reposés et tous en pleine forme. nous vous embrassons.

Papa et maman de Benjamin

Anonyme a dit…

Vos récits et vos photos sont tout simplement sublimes. Ils permettent d'avoir un regard autre sur l'Iran.
Hâte d'en apprendre davantage à votre retour!
Savourez les jours restants.
Bises
Aurélie ( Calie)

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